Le cri de Job, conférence de l’abbé André Vervier

AbbeAndreVervier - PF

 

C’est la veille du départ des deux TGV que l’abbé André Vervier a donné cette conférence à la salle Notre-Dame, qui a été suivie par une assemblée nombreuse et très intéressée !

Assemblée

Le cri de Job

Le cri de l’innocent

Nous connaissons le cri de Job : Ô terre, ne cache pas mon sang et que mon cri ne s’arrête pas en chemin ! Mais voici que j’ai un témoin dans les cieux, j’ai là-haut un défenseur. Mon cri parle pour moi auprès de Dieu, tandis que mes larmes coulent devant lui. Ah si je pouvais discuter avec Dieu, tout comme un être humain fait avec son prochain ! » (Jb 16, 18-21).

  1. Le cri de Job

Situons bien le problème de Job. L’histoire de Job, c’est celle d’Israël. C’est l’histoire d’une relation avec Dieu. Dieu qui s’est fait connaître comme un Être avec, un Dieu de l’Alliance, un Dieu partenaire. Un Dieu avec lequel tout est vécu en compagnie.

Et voilà les ténèbres de l’Exil, la déportation à Babylone… Et l’épreuve suprême, c’est le silence de Dieu, son absence, apparemment. Alors dit Job : à quoi bon avoir cru en Dieu, s’il ne se montre plus partenaire, s’il ne signe plus son œuvre ? Mieux vaut mourir, dit alors Job. Si Dieu est un partenaire et un compagnon, alors où est-il ? que fait-il ? Comment interpréter son silence ? comme une indifférence ? comme une discrétion ? comme un reproche ? Mais qu’il nous montre son visage, et nous pourrons à nouveau nous expliquer, ou causer au moins avec lui de ce qui nous arrive.

Alors, la seule issue pour Job, c’est son cri à Dieu. Pourquoi nous as-tu fait pour toi ? Et Job dira : Mon avocat, c’est mon cri (Jb 16, 19). Envers et contre tout, il restera le cri de Job pour témoigner de la relation qu’il a vécue avec Dieu. Ce cri traversera la mort et sera son défenseur (goël). Ce n’est pas encore la foi en la résurrection personnelle mais un peu plus tard, elle sera affirmée en Dn 12, 2 et en 2 M 7, 22-23.

À la fin du livre, Dieu interpelle Job en lui disant qu’il ne peut comprendre le mystère de la création (Jb 38-40). Job reconnaît alors sa condition de créature : Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant mes yeux t’ont vu (Jb 42,3-4).

Job reconnaît qu’il ne peut pas tout comprendre. Ce sera pour lui une nouvelle expérience de foi : désormais, il ne s’agit plus d’accuser Dieu ou de culpabiliser l’homme. Aux trois intervenants près de Job, Dieu répond : Vous n’avez pas parlé correctement de moi, comme l’a fait mon serviteur Job (Jb, 42, 7). Job va découvrir Dieu, non pas comme une réponse à tout, mais comme une présence.

Cfr. Histoire : Dieu dans nos pas.

Einstein disait : La plus belle chose que l’homme puisse vivre, la plus profonde aussi, c’est le sentiment du mystère.

  1. Le cri dans les psaumes

Dans les psaumes, on retrouve également ces cris :

– Réveille-toi, pourquoi dors-tu, Seigneur ? Lève-toi, ne nous rejette pas jusqu’au bout. Pourquoi cacher ta face ? Oublies-tu notre misère ? (Ps. 43, 24-25)

– Seigneur, écoute ma prière, prête l’oreille à mon cri, ne reste pas sourd à mes pleurs (Ps. 38, 13).

– Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Je t’appelle tout le jour et tu ne réponds pas. Même la nuit, je n’ai pas de repos. Toi, Seigneur, ne sois pas loin. Ô ma force, viens à mon aide (Ps. 21, 2).

– Reviens, Seigneur, jusques à quand ? Aie compassion de tes serviteurs (Ps. 89, 13).

– Vers mon Dieu, je crie mon appel : je crie vers Dieu : qu’il m’entende (Ps. 76, 1).

– Dans leur détresse, ils appelèrent à grands cris le Seigneur, et lui les sauva du danger (Ps 106, 19).

– Dans mon angoisse, j’ai crié vers le Seigneur, et lui m’a exaucé (Ps 117, 5).

– Seigneur, entends ma prière, que mon cri parvienne jusqu’à toi (Ps 101, 2).

– Tant de fois délivrés par Dieu, ils s’obstinent dans leur idée, ils s’enfoncent dans leur faute. Et lui regarde leur détresse quand il entend leurs cris (Ps 105, 43-44).

– À pleine voix, je crie vers le Seigneur ; il me répond de sa montagne sainte (Ps 3, 5).

– Mon âme s’épuise à désirer les parvis du Seigneur ;  mon cœur et ma chair sont un cri vers le Dieu vivant (Ps 83,3).

– Nous sommes, Seigneur, ton peuple et ton héritage… écoute-les toutes les fois qu’ils crieront vers toi (1R 8, 51-53).

  1. Le cri d’un Juif après la Shoah

En 1946, Yossel Rakover a écrit d’une seule traite un grand psaume exprimant sa foi et son indignation après l’extermination des Juifs. Voici quelques extraits :

Je crois au dieu d’Israël, même s’il a tout fait pour que je ne croie pas en lui. Je crois à ses lois, même si je ne peux trouver de justification à ses actes. Maintenant je n’ai plus envers lui une relation de maître à esclave, mais d’élève à son professeur. Je courbe ma tête devant sa grandeur, mais je ne baiserai pas les verges dont il me frappe. Je l’aime. Mais j’aime encore davantage sa Torah. Même si je m’étais fait des illusions sur Lui, je continuerai à observer sa Loi.

C’est pourquoi, permets-moi, mon Dieu, de te demander raison avant de mourir. Désormais, libre de toute peur, je veux m’adresser à Toi pour la dernière fois dans ma vie.

Je veux te le dire clairement et sans détour. Aujourd’hui, plus qu’à n’importe quelle étape de notre interminable martyr, nous avons le droit, nous les torturés, les outragés, les étouffés, les enterrés vivants et brûlés vifs, nous les humiliés, les bafoués, les raillés, les assassinés par millions, nous avons plus que jamais le droit de savoir : où sont les limites de ta patience ?

Dieu d’Israël, tu fais tout pour m’empêcher de croire en toi. Cependant, si tu penses réussir à me détourner du droit chemin par ces épreuves, je te crie, mon Dieu et Dieu de mes ancêtres : tu en seras pour ta peine. Tu as beau m’enlever ce que j’ai de plus cher, me torturer à mort, je croirai toujours en toi. Je t’aimerai toujours, toujours, envers et contre toi.

  1. Des cris aujourd’hui

* J’ai un ami scheutiste qui a attrapé une maladie dégénérative de la langue. C’est encore pire qu’un cancer, surtout chez quelqu’un qui a passé toute sa vie à former des gens à la lecture de la Bible. Sa sœur me disait récemment lors de son 50ème anniversaire de sacerdoce : Je suis révoltée, il n’a pas mérité cela, je n’arrive plus à croire en Dieu ! Je l’ai écoutée en silence, je ne pouvais qu’accueillir son cri. Et moi non plus, je n’avais pas de réponse.

* J’ai entendu aussi des cris lors du naufrage du bateau à Lampedusa, en 2013, avec plus de 300 morts parmi des migrants. Des cris de gens disant : j’ai mal avec cela. Comment changer cela ?

* Le samedi 12 octobre 2013, il y avait à la TV le cri d’un papa (M. Desaussoy), dont le fils s’était tué la veille parce qu’il avait fait une chute lors d’une guindaille où il avait trop bu. Le cri de ce papa, dans une lettre ouverte aux jeunes sur les dangers des excès lors de ces guindailles. Je voudrais que la mort de mon fils Thomas serve au moins à cela. Et je serai présent aux 24h vélo à LLN, pour avertir les jeunes (sans faire de morale), sur le danger des excès.

  1. Des cris dans la littérature

* Mitch Albom, un romancier américain, né à Philadelphie, raconte, dans un de ses livres Le vieil homme qui m’a appris la vie, l’histoire d’un rabbin très proche de ses gens qui, un jour, est très affecté par la mort de sa fille Sarah. Il n’accepte pas. C’est injuste.

– J’ai maudit Dieu, a-t-il reconnu, et lui ai demandé sans relâche : Pourquoi elle ? Quels torts avait-elle cette petite fille ?
– Et vous avez reçu une réponse ?
– Toujours pas.
– Ça vous a mis en colère ?
– J’ai été furieux un bon bout de temps
– Vous vous êtes-vous senti coupable de maudire ?
– Non ! Parce que, même en maudissant, je reconnaissais qu’il existait un plus grand pouvoir que le mien… et c’est comme cela que j’ai commencé à guérir (p. 204).

* Michael Lonsdale, dans son livre Jésus, j’y crois, raconte que, en 1980, il a perdu des personnes qui lui étaient chères.

En quelques mois, ma vie a été envahie par le deuil. Cinq décès qui m’ont profondément ébranlé, notamment le départ de ma mère et de ma marraine… J’avais énormément de chagrin. J’allais très mal. Je n’avais plus envie de vivre, je ne voyais plus personne, je ne ressentais plus rien. Je savais bien que Jésus ne me lâchait pas…

Mais j’étais comme mort, accablé de morts et de séparation. C’était une année épouvantable. J’étais balayé par la peine, totalement effondré. Je ne supportais pas cette épreuve, je ne parvenais pas du tout à assumer. Et pourtant, j’avais une cinquantaine d’années, je travaillais sans relâche… je m’enfonçais, j’étais en train de couler littéralement. J’ai eu un sursaut, j’ai quand même trouvé la force d’appeler le Christ : Aide-moi, Seigneur ! Sauve-moi !

* Aurélie Monkam Noubissi, Camerounaise, médecin pédiatre en France, a perdu un de ses fils, victime de la violence dans certains quartiers. Victime innocente, comme on dit : il s’est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment.

Elle raconte son cheminement dans son livre Le ventre arraché, paru chez Bayard en 2014. Elle raconte sa douleur de maman, son cri, sa colère, son dégoût et son questionnement face à cette violence. Chrétienne convaincue, elle raconte aussi son cheminement dans la foi.

J’épingle une phrase du livre : Au lieu de se demander pourquoi cela arrive, chercher plutôt à savoir, avec l’aide de l’Esprit Saint, que faire de ce qui arrive (p.99).

Je veux éviter les trois « R » qui pourrissent la vie des êtres humains : la rancune, la rancœur, le remords ; et concentrer mes pensées sur les trois « P » qui délivrent : la paix, le pardon, la prière. C’est dans le désert que l’on rencontre Dieu ou que l’on renforce son alliance avec lui ; ce que le peuple juif a connu (p.100).

  1. Importance et force du cri

Tous ces cris, c’est vraiment comme Job à répétition.

Le danger dans nos vies et dans la vie des autres, c’est de gommer le temps du cri de celui qui souffre, c’est de vouloir trop vite consoler. En réalité, le cri est déjà une prière. En effet, dans le cri, je sors de moi-même et ce n’est pas seulement l’étalage d’une détresse. Le cri s’adresse toujours à quelqu’un. Dans le cri, mystérieusement, je fais appel à un Autre, différent de moi. Même si cet Autre semble silencieux ou absent, je pressens qu’il m’écoute. Le cri fait que j’existe face à un autre.

Pierre Hugo : De grâce, montre-nous ton visage, p. 74

Mystérieusement, grâce à nos cris de détresse, nous cessons d’être repliés sur nous-mêmes. Le cri devient un chemin de salut parce qu’il ouvre à un au-delà de nous-mêmes. Rappelons aussi le cri du larron sur la croix et la réponse de Jésus : Aujourd’hui même, tu seras avec moi au paradis (Lc 23, 43).

Alex (l’ami scheutiste) m’écrivait récemment : Je me sens abandonné par Dieu.

– Tu te sens abandonné ?
– Il reprenait le papier, en écrivant et soulignant : abandonné par Dieu.
– Tu aurais besoin d’un signe de sa part ? Et nous regardions les cartes postales qui tapissaient son bureau.
– Et Alex réécrivait : c’est peut-être cela le signe ? En montrant les cartes postales.
C’est vrai, heureusement, dans cette descente aux enfers, il y avait ces cartes. C’était sa force. Il les montrait avec un grand sourire.

  1. Job et Jésus

Jésus est l’intime du Père, qu’il appelle Abba. Et voilà que celui qui a fait l’expérience la plus poussée de la proximité de Dieu, celui-là se retrouve sur une croix, abandonné.

Et mourir sur une croix, c’était être rejeté par Dieu (cfr. le psaume 21). Jésus crie alors son abandon par Dieu : Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? (Mc 15,34).

Mais, dans ce cri de Jésus qui se sent abandonné, Jésus va être à la fois plus uni à Dieu et plus uni aux hommes. Dans ce cri, Jésus rejoint tous ceux et celles qui se battent dans les ténèbres, tous ceux qui vivent les situations les plus absurdes où tout crie l’absence de Dieu. Jésus est descendu dans ces enfers-là. Lui qui est si proche de Dieu, il n’a jamais été aussi proche de l’homme : Aujourd’hui même, tu seras avec moi au paradis (Lc 23, 43).

(Eloi Leclerc, Le Royaume caché, pp. 205-206)

Jésus quand nous te voyons prier, tu es si proche de Dieu.
Jésus, quand nous te voyons vivre, tu es si près de nous.

(3ème seuil de Mess’Aje)

Le cri de Job et de Jésus ont sans doute un point commun : le silence de Dieu. Mais les deux cris sont aussi très différents :

– Job cherche à s’expliquer avec Dieu, il met Dieu en procès.

– Jésus, lui, va faire de son cri le chemin d’une nouvelle proximité de Dieu avec tous les exclus de la terre. Ainsi, Jésus peut rejoindre ce qui est à la base de l’incroyance moderne : à savoir l’expérience du silence de Dieu. Jésus va habiter ce silence de sa présence.

Avec Jésus, nous passons un seuil.

  1. Extrait de la préface du Royaume caché, un livre d’Eloi Leclerc

J’avais un peu plus de vingt ans quand je fus plongé dans l’univers des camps nazis. Une vraie descente aux enfers, au milieu d’êtres humains parqués, battus, massacrés comme du bétail. Toute la cruauté de l’homme, mais aussi sa détresse, son abandon, son écrasement me saisissaient soudain et me submergeaient comme une énorme vague dans la nuit.

Dans ce tête à tête avec l’horreur, j’ai éprouvé jusqu’à l’angoisse le silence de Dieu, l’absence de Dieu. On pouvait lever les yeux au ciel. Le ciel ne répondait pas ; il semblait ne pas prêter attention à ce qui se passait. Les cris ne l’atteignaient pas.

J’ai compris qu’on pouvait être athée, oui, athée par égard pour Dieu. Pour l’honneur de Dieu. Afin de ne pas le rendre complice, par son silence, des crimes qui se perpétraient.

Dès lors de graves questions ne cessèrent de me harceler et de me hanter. Car, j’en pris vite conscience, ce que j’avais découvert dans les camps de concentration était aussi vécu ailleurs : partout où l’homme est opprimé, écrasé. Partout où il meurt seul, abandonné.

Cette expérience-choc fut pour moi le point de départ d’une longue route. Je ne pouvais plus me satisfaire de la foi reçue. Il me fallait autre chose. L’univers abrité de l’enfance et du séminaire avait éclaté. Maintenant, c’était l’errance dans le désert. Et la même question revenait sans cesse, incontournable : L’évangile a-t-il encore un sens dans la nuit de la mort où Dieu se tait ?

J’ai donc voulu savoir qui était le Christ, quel était son message, autrement qu’à travers une leçon apprise, si savante fût-elle. J’ai relu les évangiles à la lueur des fours crématoires. J’ai cherché à rencontrer une présence, un visage. Si l’Évangile n’était qu’un message d’amour, il serait peut-être une belle utopie mais rien de plus.

Or, en relisant les évangiles, j’ai été frappé par le fait que l’homme qui annonce au monde la tendresse du Père pour la terre est aussi celui qui a connu l’expérience la plus crucifiante de l’abandon et de l’absence de Dieu. Il l’a vécue en allant jusqu’au bout de sa mission. Son témoignage l’a conduit là où tout criait l’absence de Dieu. Et, par son propre abandon sur la croix, il a rendu présent l’absolu de Dieu dans nos enfers humains. La révélation de Dieu, en Jésus, ne s’est pas faite en dehors, mais au cœur même de la condition humaine la plus abandonnée (Ph 2, 6-8). Le lieu de l’abandon et de l’absence est devenu le Buisson ardent (Ex 3, 1-10).

Eloi Leclerc, Le Royaume caché, pp.7-8

  1. Extrait d’un dialogue entre Dieu (l’inconnu) et Freud, dans Le visiteur d’Eric-Emmanuel Schmitt in Théâtre, pp. 201-202.

– Freud : des camps ? Empêchez tout ça ! Comment voulez-vous que je croie en vous après tout ça !
– L’inconnu : Je ne peux pas, je ne peux plus !
– Freud : Tu es tout-puissant !
– L’inconnu : Faux ! Le moment où j’ai fait les hommes libres, j’ai perdu la toute-puissance et l’omniscience. J’aurais pu tout contrôler et tout connaître d’avance si j’avais simplement construit des automates. (Il regarde Freud qui semble mal à l’aise)
– L’inconnu : Tu baisses les yeux, mon Freud, tu ne veux pas ça, hein, toi, un Dieu qui aime ? Tu préfères un Dieu qui gronde, les sourcils vengeurs, le front plissé, la foudre entre les mains ? Vous préférez tous ça, les hommes, un Père terrible, au lieu d’un Père qui aime. Et pourquoi vous aurais-je faits si ce n’était par amour ? Mais vous n’en voulez pas, de la tendresse de Dieu, vous ne voulez pas d’un Dieu qui pleure… qui souffre. (Tendrement) Oh oui, tu voudrais un Dieu devant qui on se prosterne mais pas un Dieu qui s’agenouille…
(Il est à genoux devant Freud. Il lui tient la main. Freud, trop pudique, regarde ailleurs.)

10. Un hymne du bréviaire dit ceci :

C’est dans le Fils que nous pouvons, marqués par l’Esprit,
donner notre parole du Père et c’est en lui que Dieu répond au cri des hommes.

Puisqu’il est avec nous dans nos jours de faiblesses,
n’espérons pas tenir debout sans l’appeler…

Tendons la main, crions vers lui notre détresse ;
reconnaissons, sur le chemin, celui qui brûle nos péchés.

11. Et ce n’est pas fini, Jean-Claude Guillebaut, dans son livre Comment je suis redevenu chrétien, fait remarquer que Jésus a changé le cours de l’histoire.

En effet, avec Jésus désormais, c’est le point de vue de la victime qui prédomine et non plus celui du puissant. Par sa résurrection, Jésus apporte un démenti clair et net aux puissants qui justifient l’écrasement des faibles. Jusqu’à Jésus, la victime avait toujours tort ; désormais, c’est la victime qui est relevée. Oui, le cri de Jésus sur la croix change le cours de l’histoire. Le point de vue de la victime est désormais le seul légitime, le seul qu’on puisse tenir.

12. Voir aussi l’évangile du 29ème dimanche ordinaire de l’année C : Parabole du juge inique:

Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus qui crient vers Lui, jour et nuit ? Sans tarder, il leur fera justice. (Lc 18, 7)


13. C’est l’Esprit qui fait de vous des enfants de Dieu et qui nous permets de crier : Abba, ô mon Père
(Rm 8, 15)


14. Le temps du long désir
(hymne d’Avent)

Pourquoi l’absence dans la nuit
Le poids du doute et nos blessures
Sinon pour mieux crier vers Lui
Pour mieux tenir dans l’espérance ?

15.  Blessure commune

Jean-Claude a été accueilli dans une famille. Il a vécu dans un univers de mensonge et de violence. Ceux à qui il disait papa et maman n’étaient pas ses parents. Il l’a découvert plus tard. Et en plus, il n’a pas été accueilli pour lui-même, mais pour l’argent que cela rapportait.

Tant et si bien qu’un jour, il s’enfuit de chez lui, et atterrit à Grenoble, où il tombe dans la drogue et la délinquance. Un jour, hospitalisé pour overdose, il se retrouve sur son lit d’hôpital, incapable de se lever.

Tout à coup, une jeune fille vient prendre ses habits. Il maudit cette fille car s’il n’a plus ses habits, il ne pourra pas se sauver quand il ira mieux. Le lendemain, coup de théâtre : la même jeune-fille revient avec ses habits lavés et repassés. Alors, il ne comprend plus rien. Jamais on n’a fait cela pour lui. Il se dit que cette jeune-fille va certainement lui demander quelque chose en échange. Mais non, elle s’assied près de lui, et lui raconte sa vie de prostitution forcée et de drogue, elle aussi.

Et Jean-Claude ajoute : Quand elle me racontait ses blessures, elle guérissait les miennes.

En fait, étant passée par là, elle pouvait l’accompagner.

André VERVIER, mars 2014

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