Dis, est-ce que ça repousse les ailes ?

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Un conte philosophique et musical de Brigitte Jacques

Beaucoup d’entre vous connaissent Brigitte Jacques, hospitalière de notre pélé, et excellente photographe (plusieurs de ses photos sont utilisées pour ce blog). Peut-être savez-vous aussi que Brigitte est poète et écrit des textes ravissants et profonds ?

Elle a publié un recueil intitulé Dis, est-ce que ça repousse les ailes ? qui sera déclamé lors de la soirée du vendredi 24 octobre prochain, à 19h30 (accueil dès 19h), en l’église primaire Saint-Sébastien à Stavelot.

La soirée commencera par un récital d’orgue donné par Sophie-Véronique Cauchefer : cette organiste  a trouvé le livre à Paris et a contacté Brigitte pour lui demander son accord pour utiliser le texte, comme elle l’avait déjà fait pour Le Petit Prince,  mis en oeuvre avec Brigitte Fossey et Michel Lonsdale à Paris et ailleurs !

Il sera suivi par la lecture du conte de Brigitte, avec accompagnement musical et improvisation de l’organiste !

Vous trouverez les détails de cette soirée qui promet d’être particulièrement chaleureuse sur le site www.contemusical.be sur lequel vous pouvez également réserver vos places (12€ mais 10€ en prévente !).

Pour ne pas oublier, vous pouvez également télécharger l’affiche de la soirée : 2014-10-24 – Conte musical Brigitte Jacques

Petite escale en gratitude…

NuagesPF

En 2011, Brigitte Jacques, hospitalière dont les photos illustrent régulièrement nos articles, et auteure d’un ravissant ouvrage de réflexion poétique, Dis, est-ce que ça repousse les ailes ?, nous transmettait ce joli texte… que l’on peut toujours méditer en 2014 !

A Julien, Raoul, Louis, Benoît, Gus, Marie-Claire, Annie et les autres…

Petite escale en gratitude

Si les étoiles relaient le soleil c’est pour ne pas laisser s’éteindre l’espérance…

Embarquer pour la Xème fois dans le train blanc qui accompagne des malades à Lourdes, c’est prendre le chemin vers une destination d’où l’on revient, à chaque fois, le cœur « jardiné » d’essentiels, et le regard éveillé à des aubes nouvelles…

Si même je suis familière des « paysages » et du travail à l’hôpital là bas, les stupéfactions, les richesses glanées, les ‘émouvances’ de la première fois se renouvellent sans cesse, les cercles allant s’élargissant.

La joyeuse solidarité qui habite ces lieux aux airs de Babel, les gestes, les échanges, les rencontres, les tendresses, l’empathie sont autant de petits trésors, de petits miracles d’amour indicibles, que le regard capte ou attrape au vol, où que l’on soit, où que l’on passe…

Il suffit simplement de se laisser rencontrer, de laisser son regard éveillé à ce qui l’entoure.

Comment ne pas être interpellé par la marée de jeunes (et de moins jeunes) venus de tous les horizons,  qui ont choisi de passer une semaine de leurs vacances à brancarder, aider, soigner, écouter et permettre à tout un énorme réseau d’exister au pays de l' »être avec »…

Des milliers de personnes permettent à ce monde surprenant de tourner rond, de jour comme de nuit…

Quelles que soient les souffrances, les difficultés, elles sont, partout, accompagnées.

Je m’attarde souvent à regarder les enfants: il y a ceux qui jouent, rient, courent sur cette grande esplanade; il y a ceux qui ne savent pas courir ni jouer comme les autres, et pourtant  ils s’aident les uns les autres, ils se donnent la main, l’un prête ses jambes à l’autre, l’autre le fait rire… et ainsi va leur ronde, une ronde d’espérance dans un monde qui parle toutes les langues sans besoin d’interprète…

Un monde de passerelles effleurées par des ailes de mystères…

Un monde qui ouvre les portes de nos cages… un monde qui réconcilie avec l’espérance.

On s’y sent comme lavé des petitesses de la vie… détourné de soi, « nourri » par le courage, la patience, la gentillesse, la joyeuseté de personnes handicapées.

Je suis admirative de les sentir tellement debout dans leur tête, enrichies par leurs trouvailles multiples pour déjouer avec humour les assauts du découragement… par leur aptitude à accueillir les joies simples, les bonheurs minuscules, par leur rires, leurs éclats de rire comme des soleils « malgré les malgrés ».

Tout ce qu’elles donnent sans le savoir à ceux que l’on dit « bien portant »…

… et si d’autres bras remplacent les leurs pour tant de gestes élémentaires, en réalité, qui porte qui ?

Tout cela me dépouille de ce qui encombre le chemin des essentiels, dépose des perles d’humanité dans mes bagages…

Il y a des héros qui s’ignorent, à qui on ne dit pas qu’ils le sont…

Ils le sont, ces discrets porteurs de lumières qui nous remettent au monde…

A tous ces éclaireurs d’essentiels aux lanternes invisibles qui nous conduisent au meilleur de nous-même,

j’ai envie de (re)dire un MERCI habité de gratitude, d’une infinie tendresse et d’une indicible admiration.

Brigitte JACQUES

P.S. Et si vous vous posiez la question… et bien oui ! la photo est de Brigitte 😉 !