Jésus-Christ est le visage de la miséricorde du Père

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Pour annoncer l’Année Sainte de la Miséricorde, le pape François nous invite à regarder un visage, celui de Jésus de Nazareth, notre frère. Ainsi « le mystère de la foi chrétienne est là tout entier » puisque l’expérience de Dieu se manifeste par un visage, celui du Christ, notre Seigneur !

Prenons le temps de regarder le visage de Jésus Christ, ce livre ouvert de la bonne nouvelle de la miséricorde divine ; observons les émotions qu’il manifeste ; écoutons ses paroles et ses silences ; observons ses gestes et ses attitudes à l’égard des personnes rencontrées. Mettons-nous à l’école de l’expert en humanité et en miséricorde !

C’est d’abord un visage assoiffé qui se montre à cette femme de Samarie : Donne-moi à boire (Jn 4, 1-42). Commence alors un dialogue permettant à chacun de se révéler en profondeur et en vérité. Il fait prendre conscience que l’eau qui peut vraiment désaltérer, c’est la rencontre et que la vraie soif est celle de la relation qui révèle le sacré en chacun.

À Jésus comme à nous, il faut du temps pour se laisser toucher le cœur devant l’insistance de l’étrangère (Mt 15, 21-28) et passer d’un regard fermé, voire méprisant, à une hospitalité émerveillée par cette confiance : Femme, grande est ta foi !

Cet accueil raconte alors la communion radicale de Dieu avec tous les hommes.

J’aime imaginer que c’est Jésus lui-même, profondément ému par la nudité du Gérasénien libéré de ses démons (Lc 8, 26-39), qui l’a doucement habillé. Avec délicatesse, il a pris soin de son corps mais aussi de son intériorité : en l’enveloppant de la miséricorde divine, il lui a rendu sa dignité !

Il le vit et fut saisi de compassion (Lc 10, 33). Pour exercer l’art de la visite au malade et au blessé, nous avons été devancés par Jésus, le Bon Samaritain. Celui-ci nous rejoint sur nos routes, nous regarde, se laisse remuer aux entrailles, nous touche, nous porte et nous confie à un autre, rendu à son tour responsable du frère.

Et si un pèlerinage à Lourdes était aussi une magnifique occasion de s’exercer à ces œuvres de miséricorde ? Et sous le regard de Marie encore bien ! Son visage s’est penché sur celui de son Fils ; il a contemplé le visage de la miséricorde. En nous laissant regarder par l’Immaculée Conception comme elle a touché Bernadette Soubirous (Elle m’a regardée comme une personne regarde une autre personne), comment la miséricorde de Dieu ne nous toucherait-elle pas ?

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Abbé Jean-Louis Defer,
prédicateur du pélé 2016