Témoignage de Betty Servais, hospitalière

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Betty a eu la gentillesse de nous faire parvenir le témoignage qu’elle avait préparé pour notre pélé : prévu pour la fête du 125ème anniversaire, il a finalement été présenté lors de la célébration des engagements, le lendemain

 

Témoignage d’une hospitalière

Je viens à Lourdes depuis 1986, entraînée par mes filles qui avaient fait le pèlerinage avec Liège plusieurs fois.

Lourdes, la première fois, c’est un choc. Choc devant le nombre de malades et d’handicapés croisés partout. Mais le regard change si on a la chance de s’en occuper. On découvre très vite la personne au-delà du handicap et la relation se noue.

Lorsqu’on est venu à Lourdes s’occuper de malades, on n’a plus peur de les regarder, de leur sourire et éventuellement, de leur proposer notre aide.

Le deuxième choc, c’est le nombre de magasins partout. Cela heurte beaucoup de monde mais lorsque nous découvrons que cela offre au malade, en voiturette ou en brancard, la possibilité de voir et de choisir lui-même les souvenirs ou les cadeaux qu’il souhaite, on réalise que cette autonomie, à laquelle ils ne sont plus habitués, est très importante.

Lourdes, c’est aussi un des rares endroits où une hospitalière en uniforme peut s’installer à la terrasse d’un café pour partager avec des malades une glace ou un verre de Jurançon bien frais…

Au cours de ces vingt-huit ans, beaucoup de choses ont changé. J’ai connu l’ancien St-Frai -la salle St-Lazare au bout du balcon– 2 chambres communes de 11 et 12 malades séparées par des sanitaires assez rudimentaires. Mais il y régnait une ambiance d’entraide et d’amitié, de solidarité entre toutes -exceptionnelle.

Il était d’usage que l’évêque, accompagné de la Direction, rende visite aux malades. Lors de sa première visite, Mgr Houssiau –succédant à Mgr Van Zuylen– s’est présenté en clergyman soit un veston sombre avec petits boutons violets. Nos dames rassemblées sagement l’attendaient. Une des malades de la salle me fait de grands signes, je la rejoins pour voir ce qu’elle veut. Assez haut pour être entendue, elle me dit, pointant son doigt sur Mgr : Tu as vu, tu crois que c’est un vrai évêque ?

Après une année de transition assez épique sur le site (dans le Sanctuaire), ce fut un nouveau St-Frai tout moderne, tout confort mais où il nous a fallu retrouver nos marques et recréer l’ambiance à laquelle nous tenions.

Changement aussi fort apprécié par les hospitalières : le port du voile n’était plus obligatoire qu’à l’extérieur, pour les cérémonies. Grand soulagement pour beaucoup d’entre nous…

J’ai eu la chance de travailler dans trois secteurs différents soit deux fois chez les dames et une fois chez les hommes. Cela m’a permis de découvrir beaucoup de choses.

En premier lieu, l’amitié qui se crée entre les hospitalières et qui résiste au temps. L’âge, le nom, la profession, le statut social n’ont pas d’importance, tout le monde travaille dans le même but : veiller au bien-être des malades.

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La disponibilité qui répond au besoin de chacun –malades comme aidants– est un cadeau pour tous.

J’ai découvert le rôle de la Direction qui, outre l’organisation avant le pélé, doit, sur place, constamment faire face à des imprévus et des changements indépendants de sa volonté, souvent imposés de l’extérieur. Ils doivent faire passer l’information, ce qui n’est pas toujours évident.

Un souvenir marquant est le changement de train en pleine nuit. Même les pompiers d’Orléans, venus nous aider, ont été impressionnés par la manière dont cela s’est déroulé…

Les médecins dont, outre la compétence, nous attendons la disponibilité et surtout d’être rassurants pour les malades comme pour les hospitalières. Sans l’aide technique dont ils bénéficient habituellement, ils doivent parfois prendre des décisions difficiles lors de problèmes sérieux… et pourtant, ils reviennent !

Le groupe des infirmiers(ères) étudiants et professionnels qui travaillent avec nous dans des conditions qui sont parfois très différentes de ce qu’on leur enseigne à l’école…

Depuis que je suis dans le secteur des hommes, j’ai découvert l’apport des Tringlots en salle. La gentillesse et la patience avec lesquelles ils rasent, donnent les douches -avec leur joli tablier bleu- et installent confortablement les malades dans les voiturettes avec le sourire et dans la bonne humeur.

Les Tabga à qui nous pouvons confier les malades qui ont des difficultés à se faire comprendre, qui sont parfois confus ou même fugueurs, sont précieux. Sans oublier les gentilles dames du réfectoire, les groupes d’animation, les brancardiers… tout ce monde qui contribue à offrir à nos malades une semaine hors du temps.

Quant au côté spirituel du pèlerinage, il est très personnel, chacun le vit à sa manière. Je peux juste dire que je ne suis jamais rentrée sans avoir en mémoire un extrait d’homélie, de conférence, une cérémonie ou un témoignage qui m’ont interpellée et nourrie.

En conclusion, mon souhait le plus cher est qu’une relève enthousiaste se présente pour que tout cela puisse continuer.

Betty SERVAIS

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2 réflexions au sujet de « Témoignage de Betty Servais, hospitalière »

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