
Lors de la messe d’envoi, qui clôture notre pèlerinage,
Mgr Jean-Pierre Delville, notre évêque, a prononcé l’homélie
Mgr Delville a basé son homélie sur l’évangile qui venait d’être lu (Le jugement dernier, Mt 25, 31-40) vu à travers le prisme de l’Année de la Miséricorde. Voici le texte de son homélie, que vous pouvez également télécharger en format pdf tout en bas de cet article.
Chers Frères et Sœurs,
Liebe Brüder und Schwestern,
En cette célébration de clôture de notre pèlerinage à Lourdes, nous sommes enveloppés dans un message d’amour. Chacun et chacune, nous avons reçu de multiples témoignages d’amour durant cette semaine. À travers tous ces moments, nous avons découvert la source de cet amour, la miséricorde de Dieu. Jetzt ist also der Zeitpunkt für jeden von uns gekommen, Bilanz zu ziehen über das hier Erhaltene. Dies ist die Zeit innerlich für das Entdeckte zu danken.
Quelqu’un me disait hier : Ici à Lourdes, je ressens plus qu’ailleurs la présence de Dieu, il y a quelque chose de spécial ici, je ne sais pas comment le définir, mais je le ressens ! Même si Dieu est partout, ici je le ressens plus présent. Je crois que cette personne a raison. Mais si Dieu nous paraît plus présent ici, ce n’est pas parce que le lieu est magique, c’est parce que vous êtes magiques ! C’est parce que vous avez échangé des gestes d’amour ; or c’est dans l’amour qu’on découvre Dieu.

C’est ce que Jésus nous dit dans sa célèbre parabole du jugement dernier, racontée seulement dans l’évangile de Matthieu (Mt 25, 31-46). Il y a deux surprises dans cette scène, deux bouleversements par rapport à la vision traditionnelle du jugement final. La première surprise est que celui qui préside le jugement n’est pas le Père, mais le Fils de l’homme, soit Jésus lui-même. Certes, le jugement est fait au nom du Père, puisque le Fils de l’homme dit : « Venez les bénis de mon Père ». Mais c’est bien le fils qui préside le jugement. C’est le « Fils de l’homme dans sa gloire », nous dit le texte ; il est même appelé aussi « le roi ». Mais c’est bien un homme, puisqu’il parle à la fin de « ces petits qui sont mes frères ». Il se met au même niveau que les hommes, et spécialement les petits. Qui plus est, pour ceux qui ont lu l’évangile de Matthieu jusqu’à la fin, ils savent que ce « Fils de l’homme dans sa gloire » va être arrêté, condamné, subir sa passion et mourir sur une croix comme un malfaiteur. Donc celui qui préside le jugement final est aussi celui qui a été victime d’un jugement injuste ; celui qui juge est aussi celui qui a été condamné comme criminel. Le jugement de toute l’humanité est exécuté par un type qui a été condamné à mort ! Vous imaginez cela ? Un tribunal présidé par un condamné ? Jean-Louis Defer, notre prédicateur, qui est aumônier de prison à Lantin, pourrait nous le dire : il imaginerait mal que les prisonniers qu’il visite dans leurs cellules se retrouvent un jour à la place du juge au tribunal ! Or c’est ce qui se passe dans le texte de l’évangile. Mais derrière ce paradoxe, se cache une grande découverte : nous sommes jugés, non pas par un juge lointain et implacable, mais par un juge qui connaît l’âme humaine, les souffrances humaines, qui a même été victime d’une justice injuste. C’est pourquoi ce juge nous jugera avec miséricorde et pas avec rigueur ou sévérité.
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