Mercredi 19 : « Dépose ton fardeau », temps de prière et d’écoute

2015-08-19 - Dépose ton fardeau (10) (1024x683)

 

Cette démarche est une innovation
de notre pèlerinage en 2015 !

 

Comme l’explique l’abbé Fabrice de Saint Moulin :

La célébration que nous allons vivre en cette fin d’après-midi va sans doute vous surprendre. Même pour les habitués de Lourdes, elle va être une nouveauté !

Si nous avons répondu à l’invitation (à venir à Lourdes), ce peut être parce que celui qui nous en a parlé était convainquant ! C’est peut-être parce que j’ai une mission à remplir, mais c’est souvent aussi parce que j’attends quelque chose… On attend tous un miracle à Lourdes ! Un bon pélé, une grâce, une guérison. Parfois, on vient parce qu’on est épuisé, vidé, que la vie est trop difficile. On voudrait tellement souvent récriminer contre Dieu ou contre la vie. Ce soir, nous sommes invités à oser dire au Seigneur ce qui est pénible, lourd, difficile dans notre vie. Le chant que nous venons de chanter : Je sais que tu veux mon bonheur paraît parfois inchantable, tant on doute parfois que Dieu veuille notre bonheur. La célébration voudrait nous aider à pouvoir tous chanter avec conviction que oui, Dieu veut notre bonheur ! Prenons conscience de sa présence aimante et prions-le !

Avant les démarches individuelles, l’abbé Fabrice de Saint Moulin a prononcé cette brève homélie :

Comme les ouvriers de la première heure de la Parabole, nous avons souvent le sentiment que la vie n’est pas juste, voire que Dieu Lui-même est injuste avec nous ! Nous ne comprenons pas que nous recevions si peu en retour. Le return par rapport à notre investissement, par rapport à nos efforts, est déficitaire. Pourquoi tant d’épreuves, tant de souffrances, tant de peine, tant de méhins !

Nous avons l’impression de faire de notre mieux et pourtant, nous souffrons parfois d’une insatisfaction. Surtout quand nous voyons que la vie semble sourire à d’autres…  L’évangile que nous venons d’entendre n’a bien sûr pas pour but de dire à ceux qui souffrent de se résigner, sinon la remarque de Marx disant que la religion est l’opium du peuple, qu’elle l’endort, serait juste ! Non, Jésus veut faire comprendre aux Juifs -qui récriminent parce qu’il offre son amour aux pécheurs qui viennent de se convertir- que Dieu aime tout le monde. Il n’aime pas plus les croyants de la première heure que ceux qui accueillent son amour bien plus tard ! La bonne nouvelle de cette parole, c’est que le Christ révèle un Père qui aime tout le monde immensément. Il aime les chrétiens qui vivent leur foi depuis longtemps, comme les jeunes ou les adultes qui découvrent à peine le Christ ! Mais ils rappellent aussi que la foi ne doit pas être vécue comme une pénitence ou comme un labeur ! Si j’aime quelqu’un, je vais faire les choses sans compter ma peine. Pensons aux jeunes parents qui se relèvent la nuit pour leur petit enfant !

Nous sommes donc tous aimés et invités à répondre à cet amour. Sans doute, quand nous souffrons, nous avons tendance à nous replier sur nous, à voir tout en noir et à ne plus croire en cet amour de Dieu. De grands souffrants deviennent parfois incroyants en n’imaginant pas que si Dieu existe, il puisse tolérer cela ou ne rien faire. Il nous faut contempler le crucifié pour comprendre sa manière de nous rejoindre. Il se place au cœur de notre souffrance. Il l’habite de son amour pour nous et il nous invite à nous attacher à lui, dans la confiance et la fragilité pour emprunter le chemin de la résurrection.

Frères et sœurs, si nous marchons avec un caillou dans une chaussure, on ne voit plus ni le paysage, ni la route, ni ceux qui marchent avec nous, ni le Seigneur qui porte notre sac avec nous… Dans cette célébration, nous allons être invités à déposer notre caillou. Bien sûr, c’est symbolique ! Mais nous voulons au début de ce pèlerinage mettre un mot sur le fardeau qui nous écrase, le problème qui nous tracasse. Nous pouvons le confier au Seigneur en déposant un caillou qui le représente ou en allant le dire, si nous le voulons à un écoutant. L’objectif n’est ni de se confesser, nous en aurons l’occasion demain matin, mais de laisser le Seigneur mettre le doigt sur ce qui nous fait mal, telle une maman soignant son enfant. La personne à qui nous confierons notre souci, notre souffrance n’est ni psychologue ni conseillère spirituelle, mais frère ou sœur sur le chemin. Elle priera avec nous ou à notre intention en confiant ce qui nous pèse au Seigneur.

Enfin nous pouvons, comme les jeunes le font à Taizé, aller vers la croix et poser un geste de confiance. Nous pouvons poser la main sur la croix, appuyer notre front pour confier ces soucis qui nous pèsent ou avoir un temps de contemplation du crucifié.

Durant ce temps d’intériorité, nous sommes invités à ne pas seulement penser à nos soucis, mais à confier aussi les souffrances des autres. Nous pouvons même demander que le Seigneur féconde nos souffrances pour qu’elles ne soient pas stériles ou vaines. Qu’il nous donne de les vivre en l’aimant et en aimant les autres. Nous pouvons aussi lui demander la grâce de retourner à la fin de notre pèlerinage avec un autre regard sur ce qui nous écrasait en arrivant ici.

Que le Seigneur habite notre démarche !

Abbé Fabrice de Saint Moulin,
Doyen d’Ans

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