« Je voyais vos visages transfigurés ! » – Homélie de clôture de notre évêque, le 22 août


Mgr Delville

Homélie pour le 21ème dimanche ordinaire (année B)

Chers Frères et Sœurs,

En ce jour de conclusion de notre pèlerinage, le message que nous recevons est celui de l’ « envoi en mission », dans la « joie de la mission ». Mais on dirait que l’évangile que nous avons lu (Jn 6,60-69) est fait pour nous décourager. En effet, nous découvrons des disciples de Jésus qui désertent. Beaucoup de ses disciples s’éloignèrent et cessèrent d’aller avec lui, nous dit l’évangéliste. Pourquoi se découragent-ils ? Ils disent à propos de Jésus : Ce qu’il dit est intolérable, on ne peut pas continuer à l’écouter !

Beaucoup de gens aujourd’hui disent un peu la même chose. Ce que Jésus dit est trop exigeant, ou trop idéaliste, ou trop spirituel,… Alors on abandonne, on suit seulement ses propres idées, on ne se fie pas à un parole qui nous stimule, qui nous déstabilise parfois, qui nous conduit hors de nos limites et, surtout, hors de notre égoïsme.

Alors c’est un peu le risque que nous courons en rentrant chez nous. On va peut-être nous dire : Tu es allé à Lourdes ? Tu crois encore en ces choses-là ? On va entendre des discours sceptiques. Alors Jésus nous demandera, comme aux Douze : Voulez-vous partir vous aussi ? Est-ce que nous allons oublier le Seigneur Jésus quand nous serons rentrés ?

Il faut donc se préparer pour répondre au défis du quotidien. Il faut se rappeler tout ce qu’on a vécu ici à Lourdes, il faut se rappeler les paroles que nous avons entendues, les découvertes que nous avons faites, les rencontres qui nous ont stimulés, les amitiés qui se sont nouées, les guérisons intérieures et extérieures que nous avons reçues, les pistes d’avenir qui se sont dessinées à nous.

Moi même, j’ai vécu de très belles rencontres et de très beaux moments. J’ai été confronté aux souffrances de plusieurs malades et de différentes personnes ; mais j’ai pu expérimenter aussi leur joie devant les grâces qu’ils ont reçues. Quelqu’un m’a dit ce matin : Qu’on est bien ici ! Il n’y a qu’ici que je me sens bien ! En effet, Lourdes nous transfigure : quand je donnais la bénédiction du Saint-Sacrement jeudi à la procession, je voyais vos visages à travers les rayons de l’ostensoir. Je les voyais transfigurés : tous le visages étaient beaux, quel que soit l’âge ou la santé de la personne. Ils étaient animés d’un regard de confiance ! Et mon regard à moi se trouvait transfiguré, car tout ce que je voyais était beau !

Donc, c’est le moment pour chacun de nous de faire le point sur ce que nous avons reçu. C’est le moment de remercier intérieurement pour ce que nous avons découvert. Alors nous pourrons dire comme saint Pierre : Seigneur, vers qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Nous croyons et nous savons que tu es le saint de Dieu.

Oui, Jésus compte beaucoup pour nos vies. Il les oriente, il nous sort de l’immobilisme, il nous donne des paroles d’avenir, des paroles valables pour toujours, des paroles de vie éternelle.

Marie l’avait déjà suggéré aux noces de Cana, comme je l’ai rappelé à ma conférence : Tout ce qu’il vous dira, faites-le, nous dit-elle. Marie nous invite à nous mettre à l’écoute de Jésus (ce qu’il vous dira) et à agir en conséquence (faites-le). Elle nous donne une mission, comme elle a donné une mission aux serviteurs des noces de Cana. Elle nous introduit dans l’alliance que symbolise ce mariage à Cana ; c’est une alliance entre Dieu et l’humanité, une nouvelle alliance grâce à Jésus, une alliance qui peut toucher tous les hommes. Nous devons donc avoir confiance en Marie qui nous oriente vers Jésus. Elle est la première qui a reconnu dans la bouche de Jésus les paroles de la vie éternelle. Elle connaît nos besoins, comme elle a connu les besoins des organisateurs de la noce de Cana. Nous pouvons l’écouter et lui faire confiance.

Elle est notre mère, puisque Jésus sur la croix lui a dit, en lui montrant le disciple bien-aimé : Femme, voici ton Fils ! Chacun de nous est un disciple bien-aimé, qui reçoit Marie pour mère. Chaque disciple trouve en Marie une mère, c’est-à-dire une personne qui lui donne vie. Si Marie est une mère pour nous, cela signifie que nous remplaçons Jésus, son fils, auprès d’elle ; nous devenons des nouveaux Jésus pour Marie ! Si nous avons Marie pour mère, nous avons donc Jésus pour frère !

Alors, soyons vraiment ses témoins ! N’ayons pas peur de témoigner de lui ! Je vous conseille de préparer dès maintenant ce que vous raconterez autour de vous à votre retour. Quelle histoire allez-vous retenir ? Quel récit pourrez-vous raconter ? Quand on vous demandera : Ca s’est bien passé à Lourdes ?, est-ce que nous répondrons : Oui, le temps était beau ! La nourriture était bonne ! L’hôtel était très sympa ! Est-ce que nous n’aurons rien d’autre à raconter ? Alors réfléchissons chacun à ce que nous avons vécu d’important et à ce que nous pourrons raconter autour de nous. C’est important d’avoir des choses intéressantes à raconter, mais cela ne s’improvise pas ! On peut parler des personnes rencontrées, on peut parler des célébrations qu’on a vécues et de ce qu’on y a découvert, on peut parler des nombreuses personnes qui fréquentent Lourdes, on peut parler de la bonne ambiance des groupes liégeois du pèlerinage liégeois, on peut parler d’une conversation intéressante qu’on a entendue, on peut parler d’un sentiment qu’on a eu, et qui nous a touché dans notre corps ou dans notre esprit, etc.

Alors, dépêchons-nous de préparer notre retour et notre témoignage ! C’est cela, la joie de la mission !

Amen ! Alléluia !

+ Jean-Pierre Delville,
évêque de Liège

À l’issue de la célébration d’envoi, l’abbé Baudouin Charpentier, directeur de notre pèlerinage, a remercié différents acteurs de celui-ci, dont la chorale En Plein Chœur ; il a aussi annoncé les dates du prochain pèlerinage (15-21 août 2016) et dévoilé le nom de son prédicateur, l’abbé Jean-Louis Defer. Il a rapidement présenté les prochains pèlerinages organisés par le service diocésain, que vous pouvez découvrir sur www.peleliege.be.

Georges Yerna a ensuite pris la parole pour remercier notre évêque.

Enfin, Mgr Delville a remercié l’abbé Fabrice de Saint Moulin pour son rôle de prédicateur, assumé avec joie et profondeur pour le plus grand bénéfice spirituel de tous les pèlerins et lui a offert un livre préparatoire à l’Année Sainte de la Miséricorde !

Des applaudissements nourris ont salué chacune de ces interventions… faut-il le dire 😉 !

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